lundi 10 décembre 2007

Week-end "je sors la colle à papier peint"



Affiches lacérées sur toile 150x50cm

Comme une envie subite de pisser, j'ai sorti de derrière mon lit deux châssis (ma chambre est un véritable capharnaüm - tient c'est la première fois que j'écris ce mot et sans doute la dernière - où sont entreposé toiles, châssis, anciens tableaux, des dizaines de kilos d'affiches récupérées dans le métro).
Je déballe dans mon petit séjour les affiches. Je prend un plaisir monstre à les lacérer, à essayer de rechercher leur part de beauté à travers ses multiples couches de papier. Tel un archéologue, je remonte le fil des mois, pour au final retrouver toujours les mêmes choses placardées en 4x3 à la vue de tous.
Je ne vais pas commencer un plaidoyer pour un univers sans pub, car elle me fait aussi vivre, mais force est de constater que son niveau ne s'améliore pas...
Alors voilà je sors mon pot de colle à papier peint et je badigeonne ma toile, place, replace, corrige sans cesse ces bouts de papier, pour final tomber sur une images qui me plaît. Pour me dire quoi ? Peu importe, cela dépend des jours, de mon humeur, libre à chacun de l'interpréter comme il le veut...
N'étant pas rassasier par cette première toile je m'attèle à une seconde.
J'avais remarqué en allant à l'échographie une affiche pour West Side Story. L'affiche avait déjà été décollé. A mon retour je fini le travail. Hasard ou coïncidence je suis tombé sur un agent chargé de coller les affiches dans le métro. Il commence par bien me connaitre : aussitôt qu'il senti que je lui tapais sur l'épaule il m'indiqua où se trouva son lot d'affiches fraichement décollées. De quoi bien m'occuper ces prochains jours.
Donc me voici à l'attaque de cette nouvelle toile avec pour fond West Side Story. L'affiche fait sans doute partie des plus connues du cinéma. Je décide de ne pas lui laisser non plus trop d'importance, je rogne, et colle par dessus d'autres morceaux de cette même annonce. Ce travail me prend énormément d'énergie. Je suis épuisé, il est à peine midi est déjà l'envie de dormir. Je suis satisfait, car avant de commencer je flippe toujours de ne pas, de ne plus y arriver.



Affiches lacérées sur toile 100x100cm

vendredi 7 décembre 2007

L'heure de vérité

Le grand jour est arrivé.
J'ai essayé de ne pas trop penser à cette échéance, qui finalement avait commencer à revêtir beaucoup d'importance. Car il faut l'avouer, l'idée d'avoir un garçon me séduisait grandement. Mon frère ayant eu une fille il y a bientôt deux ans, je me disais que cela aurait fait une part belle à la parité.
Alors voici que l'obstétricienne commence a tripatouillé le ventre de C. en appuyant franchement sur la sonde. Depuis la dernière écho il semble avoir doublé de taille. Le foisonnement des détails est stupéfiant, on voit tout, entend tout. Le médecin fait un nombre incalculable de clichés, j'ai l'impression qu' elle se la joue paparazzi. Elle nous rassure sur certains points, et pour d'autres sujets nous déclare décliner toutes responsabilités en cas de non détection de certaines anomalies. En temps normal j'aurais été super flippé mais bon, il a l'air de bien se porter le pépère. Justement le sexe, elle tarde à nous dire si l'on doit peindre la chambre en bleu ou bien en rose. Le résultat ne se fit pas attendre. Un appendice (d'une bonne taille...) pris part sur l'écran "Bon il n'y a pas de doute à avoir". En effet c'est sans appel. Je n'y crois pas, je pleure comme un con de machos. Je vais avoir un fils. A ce moment, je suis l'homme le plus comblé. Un fils, moi l'homo, je vais avoir un bébé, il va porter mon nom, qui n'était tenu plus que par moi et mon frère. Je pense à mon grand-père, là bas au fond le la Lozère, il va être content. C. se semble pas trop réaliser. Elle doit être contente aussi, et rassurée, nous n'allons pas nous prendre la tête sur les prénoms féminins car jusqu'à présent nous ne nous étions mis d'accord sur aucun...
Ce sera donc Titouan. Il parait que ça ne se fait pas de le dire avant la naissance mais bon, autant l'appeler par son prénom le bonhomme !
Titouan, pour le grand public cela évoque forcément les dessins de Lamazou. Son coté marin, baroudeur sont des traits qui nous séduisent.
Mais il y a aussi le fait que cela signifie "Petit Antoine" (vous l'aurez deviné, c'est mon prénom...).
Alors voilà, une nouvelle étape de franchie. Les mois filent à toute allure.

mercredi 5 décembre 2007

Ca ferait combien sur l'échelle de Richter ?

Depuis une semaine je me transforme chaque matin en chasseur. J'approche, sans éveiller l'attention, ma main sur le ventre de C. Et là, j'attends.
Et puis soudain, sans crier gare, un léger sourbresaut. Puis deux. Il est là derrière cette douce frontière.
Te prendre dans mes bras me tarde...

mercredi 28 novembre 2007

Entreacte




Lundi soir, après une rude journée de travail. C. et moi allons au théâtre Trévise voir Eric Antoine, qui se définit lui-même comme étant le plus grand humouriste de France- normal vu ses 2m07...
Le spectacle est agréable, le ton nouveau, ce mec semble parfois tout droit sorti d'un hopital psychatrique...
Certes il s'agit de tours de magie, mais sans Sylvain Mirouf...Ambiance plutôt de cabaret, intermède de musique, et participation du public.
Je m'agace à chercher le pourquoi du comment, rien y fait on y voit que du feu.
Un bon moment qui nous fait un peu oublier le rythme soutenu de la semaine.
Vive les prochaines vacances au ski avec C. MLD et F. en janvier...

lundi 26 novembre 2007

Pop Idol n'a qu'à bien se tenir...

Ma journée de millionaire


Bon ca va beaucoup mieux.
J'arrête de me prendre la tête avec cette maison, autrement je suis bon à me pendre (mon dernier tableau m'aurait-il inspiré...)
Dimanche à la cool avec C. Je prend mon temps.
Comme à mon habitude je pars faire le marché. J'aime me retrouver parmi cette foule, même si des fois elle m'exècre, l'animation me rend vivant.
Avec C. on a reçu de la part d'ami artistes peintres deux invitations pour la MAC (une sorte de marché d'art contemporain plutôt haut de gamme).
Et en effet je ne fut pas déçu, de joli travaux d'exposer, de la recherche, des expérimentations amusantes, parfois troublante.
Un photographe expose des clichés de personnes nues. Il montre avec pudeur et sans voyeurisme des corps nus, vieillis à l'extrême, décharnés, secs. Une femme de 80 ans pose avec une très joli jeune fille, toutes les deux sont nues. C'est beau de vieillir et d'accepter son corps.
Au bout de 20mn nous tombons sur le stand de nos amis. Retrouvailles chaleureuses, d'autant qu'ils n'avaient pas vu encore C. enceintes.
Lui me montre ces derniers travaux, je suis admiratif.
Leur site ici
Sur leur stand des nouveaux tableaux. Un homme fait un chèque de 5.000€. Les affaires ont l'air de bien marcher.
Et puis une toile m'intrigue. Je la trouve différentes des autres, également de celle que je leur ai prise quelques moi auparavant. Ses dimensions sont telles qu'elles ne peux pas rentrer dans mon appart'. Sans aller chercher plus loin je lui demande à combien il l'a fait. Il prend son temps et me dit avec son accent du sud que j'adore. "Tu sais A. je vais te faire un bon prix ! Elle t'intéresse ?"
Feignant d'être vraiment intéressé je lui rétorque que oui. Il réfléchi et me dit qu'il me l'a fait à 3.000€. Je prend note. Je sais pertinemment que je viens d'acheter une maison et qu'il va falloir commencé déjà à payer les intérêts.
Il ne m'a pas fallu 10mn pour qu'au final on s'entende sur le prix initial. Il me l'a livre demain (chez des amis qui ont un loft).
En lui disant oui, je savais pertinemment que cet achat était irrationnel, mais je suis comme ça. Je peux paraitre pour quelqu'un de capricieux, mais quand j'aime, j'achète.
Voilà comment en voulant passer dire "bonjour", on repart avec une toile de 2m50 et plusieurs milliers d'euros en moins.
Le soir j'essais de rationaliser mon achat en me disant que je pourrai toujours la revendre dans quelques mois au cas où. La premier toile que je leur ai acheté a déjà doublé sa valeur. Et en mars ils sont vendu au enchère aux cotés de Sophie Calle et Christian Boltanski.

Le soir C. et moi retrouvons mes parents au train bleu à la gare de Lyon. Ils fêtent leur 30ème anniversaire de mariage. J'évite de leur parler de la toile, ils seraient fous. Repas exquis au champagne, mon père se lâche, il quitte son boulot dans un grand théâtre Parisien pour un haut poste à la Comédie Française.
Je sens que ces derniers jours il s'est fait pas mal de soucis à mon égard, je le rassure son mon état mental. Me dis, sur le ton de la plaisanterie, que j'aurais besoin de voir un psy. Mon psy est ma peinture lui répondis-je.

dimanche 25 novembre 2007

Qui veut perdre 15.000€ ?

Bon c'était décidé, je ne signerai pas ou plus.
Je me lève, et je trouve C. derrière l'ordi, elle regarde des annonces.
On les regarde méticuleusement, on fait une sélection et rappelle les agences.
Trois visites sont programmés.
La première est vite à oublier : une sorte de garage en semi sous sol...Putain ou suis-je arrivé ?
La seconde est un rez de chaussée à Montreuil, l'endroit est sympa, mais le séjour trop petit. Et puis la vue, difficile d'en troquer une sur tout Paris pour un bosquet dépouillé. Je commence avoir mal au ventre.
La troisième visite est plutôt surprenante. Direction Bagnolet. A moins d'un km d'où nous sommes. A priori je n'aurais jamais choisi de visité un tel appartement car situé dans une tour de 17 étage. Celui que l'on visite est au 16e. La tour est situé au milieu de maison, le quartier est tranquille. Je me dis qu'une fois de dans on ne voit pas la tour. On ne peux pas dire que c'est sexy. Mais la bonne surprise est à l'intérieur. On arrive de nuit. Et là j'en prend plein la gueule. Je retrouve cette vue, mais encore en plus dégagé sur tout Paris. Je suis soufflé. L'appart' fait 83m2, super bien agencé. On a plus qu'à y poser nos valises. J'ai du email a cacher mon engouement malgré le fait d'être dans un tour, je me dis que je m'en fout je suis quasiment à Paris, et que Paris est à mes pieds. Mais C. doute. Elle trouve ca trop haut, et l'environnement ne lui plaît guère. La nuit je vais avoir due mal à trouver le sommeil.
Lendemain matin, je passe un coup de fil au promoteur et lui fait part de notre décision de nous désister du projet. Nous n'avons pas signé chez le notaire. Là je prend une grande baffe dans la gueule lorsqu'elle m'annonce que je devrais dans ce cas m'acquitté du montant de 15.000€ pour les frais de réservation. Je pensais qu'ils étaient de 1000€ (or il eut fallut comprendre qu'il s'agissait de seulement d'un avancement du montant totale de la résa). La connasse me rappelle d'une douce voix que j'ai bien apposé à côté du contrat "lu et approuvé". Ces trois mots vont me couter cher, d'autant que le délai de rétractation est expiré.
Je bouillonne, tourne en rond. Je dis à Céline que je veux me réveiller, je suis en plein cauchemar...
On prévoie malgré tout une nouvelle visite dans l'appartement d'hier, celui de la tour. On y retourne accompagné de nos familles. Leur avis est moins optimiste que le mien. Et puis C. n'en veux pas. On oublie donc.
Me voilà dimanche après-midi, exténué avec cette impression que j'ai fait la plus grosse connerie de ma vie. J'ai acheté une maison que je ne veux plus, et je n'ai pas d'autre solution que de commencer à payer les traites, sauf à vouloir perdre 15.000€. Céline me dit que ca fait quand même un an de son salaire. Ca donne réfléchir. Bon ok, on ira dans cette putain de maison. Et on se met à espérer qu'au final ce sera mieux que ce qu'on voit sortir de terre.
Le soir, après avoir chialer comme un gamin qui avait commis une grosse connerie, et après avoir dormi toute la fin de la journée, on commence avec Céline à avoir une discussion surréaliste.
On sait que cette maison bénéficie d'une réduction de TVA. Le soucis c'est qu'on nous interdit de la revendre avant 5 ans, sous peine de rembourser la TVA (environ 40.000€) Seulement il y a des clauses qui nous permettent de la vendre avant ce terme qui me parait être une condamnation pour perpet'...Ces causes sont entre autre le décès (on va pas tout de même s'entretuer, le divorce, le dépacsage).
Vu que nous nous sommes pacsés cet été, nous prévoyons de nous dépacser dès l'acquisition de la maison, ou bien quelques mois après, le temps de trouver ailleurs. Voire même de se marier puis de divorcer au cas ou le dépacsage ne suffirait pas à récupérer nos billes. Nous qui n'avons jamais souhaité nous marier, c'est un comble. On en rigole, c'est complètement ubuesque. Je me voit déjà annoncer à mes parents :

-On a une bonne et une mauvaise nouvelle.
La bonne est que C. et moi allons nous marier.
La mauvaise est que nous allons aussi divorcer.

J'imagine la tête de mes parents...Bon cela dit nous n'y sommes pas encore, on va essayer de retrouver nos esprits, faire en sorte d'aménager cette foutue maison en quelque chose de présentable, pour bien la vendre (à un aveugle ce serait chose aisée...). Là je vois les choses qu'en négatif, mais lorsque le petit sera là, je pense que je serais content d'avoir une baraque de 92m2 avec une jardin. On est tout de même pas à la rue.

Le soir je regarde un documentaire sur Béjart. Ca me fais du bien de voir ces danseurs. Putain qu'ils sont beaux. Lui par-contre n'a pas eu cette chance, avec cette tête mi diablotin mi aigle, il me fait peur.

Ce soir mes peurs se sont apaisées.
Bientôt je serais dans la peau de Charles Ingalls...

jeudi 22 novembre 2007

J'y vais, j'y vais pô

Journée de grosse flip.
Je demande à Y. s'il est toujours possible de faire marche arrière une fois que l'on a signé l'accord de prêt à la banque, malgré le délais des 11 jours expiré.
La réponse est OUI, rien n'ayant été signé chez le notaire.
Si je flippe c'est à cause de C. Cet prem' on est allé voir l'avancée des travaux. Je savais pertinemment que le vis à vis était proche mais quand on le voit "pour de vrai" ça peux faire peur. Alors on se réconforte en ce disant qu'il y a des avantages ailleurs...et que ce n'est pas si cher, et qu'au pire on peut revendre ou bien louer (même si on a pas trop le droit...c'est compliqué à expliquer). Je fini la journée avec un mal de crâne pas possible. On se laisse encore le temps de la réflexion. De l'autre je ne vois pas trop d'alternatives, quand je vois les prix sur Paris, allez vous payer un 92m2... c'est impossible. Alors soit, on matera chez le voisin, ca ne me changera pas tant que ca au final, pourvu qu'il est un aussi beau joli cul !
Sinon j'ai croisé une nouvelle race d'usagé de la route. Le "rollervipède". Je ne sais pas si c'est casse gueule mais ça m'a fait rire.



Hier soir je suis retourné dormir chez Y.
Son colloc' ne savait pas qu'il aimait aussi les mecs. Jusqu'à présent il avait vu pas mal de filles défiler. Forcément voir son pote avec dans les bras d'un être doté de poils et d'une barbe de trois jours, il a eu un peu du mal à s'y faire. Ca se comprend, en tout cas il n'est pas du tout anti-pathique. De part mes horaires de petit vieux,l'impression de bousculer un peu leurs habitudes. Cela dit la personne capable de me tenir éveillée au delà de 23h n'est pas encore née...
Mais se coucher tôt a due bon, c'est davantage de temps passé sous la couette.

dimanche 18 novembre 2007

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Cela faisait près de trois semaines que j' avais commencé cette toile. Elle était là dos au mur, les jours passaient et bien qu'entreposée au milieu de mon séjour, je n'y prêtais plus vraiment attention. Et puis je ne sais pas pourquoi aujourd'hui elle me tendit les bras. Je l'ai allongé au sol. Notre tête à tête à bien durer 1/2h. Beaucoup de chose en moi bouillonnait. Je ressentais tout ces bouleversements de ces jours passés refaire surface. Il fallait que ca sorte aujourd'hui - absolument. Inutile de dire comment et pourquoi j'ai écris ou dessiné ceci ou cela. C'est l'intime qui parle.
Je me laisse emporter par "Again" de Archive, un sourire et forcément l'image de mon plus long baiser sur la bouche de S. qui me revient.
La toile me semble achevée. La messe est dite. Je la regarde, et me dis que malgré le fait que je me sente bien je suis pour le moins "perturbé". Je crois que je n'aurais jamais poser ces choses aussi intimes de par le passé.
Finalement, si j'arrive à aussi bien vivre c'est parce que justement j'arrive a extérioriser mes peurs. Ainsi couchées, j'arrive peut-être mieux à les affronter, ou bien à les accepter. Je ne sais pas.